La crise que traverse actuellement le monde musulman semble mener à un constat amer : il semble en effet que les énergies engagées par les intellectuels musulmans du monde entier soient consacrées à réparer ce qui ne va pas dans le monde islamique plutôt qu’à participer aux efforts de progrès dans le monde. Dit autrement, la révélation islamique semble ne pas réussir à retrouver de rôle moteur et semble plus faire l’objet d’interprétations allant parfois jusqu’à l’interpré-torsion pour sauver les meubles.

Je souhaite partager un ressenti très personnel à propos d’un article que j’ai lu sur le site oumma.com. Par avance je tiens à vous dire que je viens en paix ? je sais qu’il y a beaucoup de sensibilités différentes, j’espère que cela engendrera une discussion riche et amicale.

Aux Etats Unis, une affiche fait la promotion d’une association d’ex-musulmans. Jusque là, rien à signaler. Mais pour Oumma apparemment, c’est un scandale et un message de haine. Et l’article de ponctuer sur "L’islam l’emportera toujours Subhana Allah, car il nous commande de réaliser de bonnes actions".

Il ne fait aucun doute que le discours scientifique soit aujourd'hui le discours au prestige le plus grand. L'une des raisons de ce succès réside dans l'évolution toujours plus pointue de notre technologie dont les bases se fondent sur la connaissance qu'ont les scientifiques en matière de lois naturelles et qui sont ensuite opérationnalisées par les ingénieurs de tout bord.

Mais lorsque l'on met entre parenthèses le succès de la technologie et que l'on s'intéresse à la dignité de la science pour elle-même, on se rend compte qu'au-delà des bénéfices instrumentaux qu'elle nous fournit, la science est aussi un formidable vaisseau de réflexion sur soi, sur le monde, et sur soi dans le monde.

Il y a quelques jours, j'écrivais un texte sur les dangers du discours du président de la République et de son caractère contre-productif. Aujourd'hui, un ami m'envoie la vidéo d'un prêche de l'imam Eric Younous. Pour résumer, ce dernier explique en substance :

  • Un musulman au vrai sens de ce mot, se doit de penser comme un musulman. La pensée du musulman et une pensée de l'islam, par l'islam, pour l'islam. Point de pensée en dehors de ce cadre, du moins, pour ceux qui se revendiquent de cette appartenance.

Je partage avec vous cet entretient de HuffPost-Algérie avec Hugh Roberts, chercheur et historien britannique, auteur de multiples ouvrages sur l'organisation sociale et politique berbère, où il discute de l'idée assez répandue en occident et au maghreb comme quoi les kabyles seraient plus compatibles avec les piliers de la modernité, dont la démocratie, puisque leurs ancêtres échappaient à l'emprise anthropo-culturelle d'un islam qui serait aliénant.

Y a-t-il une haine spécifique à l’islam comme religion, culture et civilisation qui passe aussi par une critique intellectuelle et des enjeux politiques ou celles-ci ne sont-elles que le faux nez d’un racisme ancien et ancré qui n’est jamais que la haine brutale et banale de l’arabe. Dans un Occident qui semble davantage préoccupé par sa survie historique et traversé par des craintes de « remplacement », la question vaut que l’on s’y arrête d’autant plus que la marche du 10 novembre contre l’islamophobie cristallise tous ces débats.

Un apprenti sorcier, dans le film Fantasia (1940) de Walt Disney (1901-1966), est quelq'un qui ne maîtrise plus le pouvoir qu'il utilise. Or les intellectuels ont un pouvoir d'influence sur les consciences individuelles et leur discours, s'ils n'y prennent pas garde, peuvent avoir des conséquences sociales qui n'étaient pas nécessairement voulues en les rendant publics.

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