Islam et Franc-maçonnerie : Quelles perspectives ?

Islam sociétal
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En tentant de retrouver l'intervention de Michael Privot Perso au sein de l’Association des Belges Athées (cf. infra), à propos d’une thématique qui me passionne, à savoir l’évolutionnisme en milieu islamique (sur laquelle j'aurai sûrement à revenir plus tard), je suis tombé par hasard sur un article de lui, certes qui date un peu, mais qui ne perd pas de son intérêt par ailleurs.

Je me permets donc de l’attacher à cette succincte présentation (cf. infra), non pas pour déclencher des passions anti-maçonniques comme ce fut le cas par le passé au sein du catholicisme, mais pour engager un débat argumenté et constructif autour de la question de la compatibilité éventuelle entre deux modes d’initiation : l’islam et la franc-maçonnerie.

Tout le monde le sait plus ou moins que d’éminentes personnalités en islam ont été franc-maçonnes, notamment l’Emir Abdelkader, René Guénon, le réformateur al-Afghânî, etc. De prime abord, rien n’a rebuté leur adhésion aux loges et à une fraternité plus large que le simple champ islamique. Ils se plaçaient au contraire dans l’optique d’un échange intellectuel et d’une spiritualité interféconde. « Par leurs cheminements respectifs, affirme Michael Privot, ces trois personnalités ont démontré concrètement qu’il n’y a pas d’incompatibilité fondamentale entre pratique de l’islam et cheminement maçonnique, même si l’on ne peut écarter d’un revers de la main qu’elles s’inscrivaient dans une pratique soufie de l’islam ».

Beaucoup de préjugés et de fantasmes sont attachés à cette obédience, en particulier celui du réseautage, de l’élitisme, du complotisme, voire pire, d'un présumé satanisme. L’auteur de l’article écrit : « Dès lors, si le but est de déconstruire les préjugés réciproques et de permettre l’enrichissement mutuel des voies respectives au sein d’une société plurielle, il nous paraît impératif d’avancer parallèlement ». Comme il a déjà été dit, il ne s’agit pas ici de faire un procès à la maçonnerie régulière. Il s’agirait plutôt de réfléchir en quoi ce cheminement spirituel et intellectuel singulier serait conciliable avec la pratique de la religion musulmane, ou en quoi il serait antinomique.

En d’autres termes, quels seraient les éléments factuels, au niveau des fondements, des paradigmes et des projets politiques, qui laisseraient penser que les deux pourraient, d’une certaine manière, aller dans une direction commune ? Le dessein spirituel de l’islam est d’amener celui qui y adhère de tout son être, à la connaissance intérieure de Dieu par l’annihilation de sa propre personne. Sur un plan sociétale, l’objectif est de tendre vers une équité généralisée et une justice maximale. Quant à la maçonnerie, le but avoué est de rendre autonome l’individu ; c’est-à-dire de l’émanciper de ses carcans mentaux et de l’amener à une forme de libération de l’être. Sur le plan politique, l’on connaît les accointances entre les loges et la sphère du pouvoir. C’est un fait notoire dans nos sociétés démocratiques européennes et la longue tradition que celles-ci entretiennent avec les « Frères maçons ».

Reste à clairement déterminer la proximité que ces deux voies ont dans leurs visions de la réalisation spirituelle d’un côté et de la société idéale de l’autre. Élaborant justement une ébauche de propositions concrètes d’un point de vue social et institutionnel, M. Privot pense que : « Il conviendrait d’initier un dialogue, discret dans un premier temps, public ensuite, entre les instances représentatives musulmanes officielles et le Grand Orient national ».

Pour conclure finalement son papier, en reconnaissant qu'« Aucune de ces démarches n’ira de soi, mais avons-nous aujourd’hui d’autres choix que de résister aux forces centrifuges qui travaillent nos sociétés ? Demeurer dans sa zone de confort n’est désormais plus une option ». « Demeurer dans sa zone de confort » ? Erreur de français ou lapsus scriptae ? Devait-il plutôt penser à « sortir de sa zone de confort n’est désormais plus une option ». Car s’il devait s’agir de sa propre zone de confort, est-on en droit de s’interroger sur laquelle il s’agissait en réalité ? On sait qu’il fut « frère musulman ». Il est actuellement islamologue progressiste. Sa prise de distance avec le littéralisme est relativement évidente. Peut-être nous fera t-il l’honneur de nous édifier d’où il parle à présent. Beaucoup de choses seraient encore à développer.

Aussi, sera-t-il à la discrétion des membres de se faire une opinion sur le sujet et de dialoguer les uns avec les autres du bien-fondé ou non de la démarche intérieure et plus largement, de la démarche citoyenne. Vous laissant à vos commentaires, sans ne jamais manquer d’élégance et de courtoisie dans les échanges. Pour un début de réflexion, veuillez trouver infra ce lien qui ne manquera pas de nourrir le débat :


https://www.hiram.be/blog/2015/05/22/islam-et-maconnerie-convergences-et-divergences/

Lien de la vidéo Les "Miracles scientifiques" du Coran

Lien de l'article de Michael Privot : " Islam et francmaçonnerie : “Je t’aime ! moi non plus.”