Le nouveau coronavirus 2019-nCoV : Urgence ou psychose ?

Santé
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Alors que la psychose gagne la Chine et que l’OMS appelle « le monde entier à agir » face à la menace du nouveau coronavirus, je vous propose d’analyser rationnellement les données disponibles à ce jour afin de déterminer s’il y a un réel danger.

En décembre 2019, une épidémie de pneumonies d'allure virale d'étiologie inconnue a émergé dans la ville de Wuhan (province de Hubei, Chine).

Les symptômes principaux sont la fièvre et des signes respiratoires de type toux, sensation d'oppression et/ou douleur thoracique, avec parfois dyspnée. Les cas les plus graves semblent concerner principalement des personnes vulnérables en raison de leur âge ou de leurs comorbidités avec une atteinte de type syndrome de détresse respiratoire aiguë, d’insuffisance rénale aiguë, voire de défaillance multi viscérale pouvant entraîner le décès.

Le 9 janvier 2020, un nouveau virus de la famille des coronavirus appelé 2019-nCoV a été identifié en Chine comme responsable de ces pneumonies.

La majorité des cas initialement décrits concernait des personnes ayant fréquenté un marché d’animaux vivants. L’hypothèse d’une zoonose (maladie transmise par les animaux) est donc privilégiée en particulier les chauves souris (un virus très proche du 2019-nCoV a été détecté chez une chauve-souris mais il n’y a encore aucune certitude).

Le risque de transmission interhumaine, initialement considéré comme nul ou faible est désormais établi en raison de la survenue de pneumonies dues à ce virus chez des personnels soignants chinois s'étant occupés des premiers patients malades et de l’extension de l’épidémie en Chine.

Les autorités sanitaires chinoises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont alors très rapidement mis en garde le monde entier contre un risque de pandémie de grande ampleur. S'en suit alors un déferlement médiatique semant la panique partout dans le monde...

Dans la famille des coronavirus, il existe de nombreuses espèces. Il y en a actuellement six d’identifiées, dont il est démontré qu’elles pouvaient infecter les hommes.

Quatre espèces sont répandus dans le monde entier et peuvent provoquer jusqu’à 1/3 des infections respiratoires saisonnières avec une mortalité avoisinant 2%. Cela est donc extrêmement commun.

Et puis il y a eu deux espèces de coronavirus ayant entraîné deux poussées d’infection qui ne se sont pas mondialisées: 1) le SRAS (Severe Respiratory Acute Syndrome) apparu en 2003 en Chine avec 774 morts pour plus de 8000 cas d'infections recensés soit une mortalité estimée de 9,4%, 2) le MERS (Middle East Respiratory Syndrome) en 2018, qui sévit en Arabie saoudite avec 858 morts sur 2494 cas recensés soit une mortalité estimée de 34%.

Tout d’abord, il faut savoir que les individus contractant des infections respiratoires virales banales ne bénéficient pas systématiquement d’un prélèvement microbiologique pour rechercher le virus responsable de la maladie. Il y’a donc forcément un biais dans l’estimation de la mortalité car seuls les cas les plus graves sont recensés… Prenons donc la mortalité attribuée à ces virus avec des pincettes.

De plus, la Chine a développé ces dernières décennies des techniques de détection ultra-performantes des virus avec séquençage de leurs gènes leur permettant d’identifier de plus en plus d’espèces. Le fait que le 2019 –nCoV ait été identifié récemment en Chine, ne veut pas dire qu’il n’existait pas avant. On identifiera sans doute tous les jours de nouvelles espèces de virus…

Enfin, plus on dépiste le 2019-nCov virus et plus on le retrouve…Le dépistage de masse actuel en Chine ne fera qu’augmenter le nombre de cas recensés et la psychose qui va avec. On sait des autorités sanitaires chinoises qu’il y a des cas asymptomatiques (pas malades du tout) mais qui sont porteurs du virus.

Pour le moment, d’après les informations des autorités sanitaires chinoises et de l’OMS cette infection n’est pas plus grave que les autres infections virales respiratoires provoquées par les coronavirus communs avec une mortalité de l’ordre de 2%.

L’OMS a déclaré 14557 cas confirmés et 305 décès dus à ce virus. En Chine, il y a eu à l’heure actuelle 304 morts sur une population qui compte 1,4 milliards d’individus…

L’attitude de l’OMS est incompréhensible.

Il faut savoir que les infections respiratoires tuent 2,5 millions de personnes chaque année dans le monde. Par exemple, la grippe cause selon les chiffres de l’OMS tous les ans entre 290 000 et 650 000 décès dans le monde. En France, elle tue environ 10 000 personnes chaque année et certaines années on recense jusqu’à 15 000 décès alors qu’il existe un vaccin ayant une certaine efficacité.

En conclusion, les réactions sont clairement disproportionnées par rapport aux éléments factuels que nous connaissons à ce jour. Le Pr Didier Raoult, spécialiste reconnu en microbiologie et maladies infectieuses, trouve "délirante" la sur-médiatisation du virus chinois et l’alerte maximale de l’OMS. Nous ne pouvons juger de l’ampleur que pourra prendre cette infection, mais pour le moment rien ne justifie la panique. La meilleure attitude a adoptée est celle de l’observation calme et réfléchie et le seul réel risque est celui de la psychose généralisée.

Références :

https://www.nejm.org/coronavirus

https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/situation-reports