La Perversion du Calendrier Musulman

Réflexions
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Une remarque devrait notamment s'imposer après la lecture de cet article très intéressant abordant un thème déjà développé dans le monde arabe et ce, au-delà de la raison politique ou théologique ayant poussé le pouvoir califal à interdire la pratique du mois intercalaire (nasî`) :

Puisque Dieu nous prescrit de jeûner le mois de Ramadân et que ce mois dans le calendrier actuel n'est plus lié à la saison qui justifiait son nom avec l'absence du nasî` (le lien se crée en réalité tous les 33 ans seulement), c'est donc que la période que nous jeûnons chaque année et que nous appelons "Ramadân" ne correspond pas au mois de Ramadân coranique que Dieu a prescrit de jeûner au moment de la révélation étant donné que ce mois tombait pour ainsi dire tout le temps à la même période/saison, à savoir celle où la chaleur du soleil frappait fortement en Arabie.
 
En effet, le calendrier, ou plutôt le calcul utilisé originellement par les Arabes était luni-solaire et comportait douze mois dont neuf étaient liés nominalement à des saisons spécifiques. Autrement dit, le nom des mois était lié à la saison durant laquelle ils arrivaient, ce qui implique forcément qu'ils tombaient à peu de chose près tout le temps vers la même époque puisqu'il n'y aurait aucun sens à appeler un mois "Ramadân" s'il tombait durant la période fraîche ou encore "Rabî'" s'il n'y a pas de lien avec le printemps. Concernant le mois de Ramadân, comme le nom de celui-ci désigne une période chaude représentée par la chaleur solaire ardente frappant la péninsule, et non une période de forte aridité, il est censé tombé entre septembre et octobre. De plus, comme le rappelle Chems Baalouch, ceci est d’autant plus intéressant que l’équinoxe d’automne se produit durant cette période de l’année, ce qui signifie que la durée de la journée n'est ni longue ni courte et que celle-ci est d'environ douze heure dans le monde entier (et tourne autour de ce chiffre dans les jours qui l'entourent) ; ce qui est parfaitement cohérent et logique pour un jeûne idéal (12h soit la moitié d’une journée de 24h) et qui va de paire avec l'universalité/l'intemporalité des desseins du message coranique.
 
Aussi, faudrait-il se pencher sur les questions suivantes en lien avec le jeûne (bien que d'autres s'ouvrent en lien avec le pèlerinage) :
Faut-il continuer à jeûner durant les périodes du mois de Ramadân indiquées par le calendrier actuel afin de faire cohésion avec le reste de la umma, mais tout en privilégiant un jeûne de 12h/jour dépendamment des heures de levé de l'aube et de coucher du soleil ?
Ou bien faut-il rechercher à se rapprocher au mieux de la période du "Ramadân coranique" pour jeûner avec l'intention du jeûne prescrit durant une période (à préciser) s'étalant sur septembre et octobre, quitte à ajouter à cela le le jeûne éventuellement et surérogatoire du Ramadân traditionnel afin de "faire comme tout le monde" ?
 
L'auteur de l'article écrit notamment concernant le mois intercalaire :
 
"Ce sont les déplacements des mois sacrés [par le biais du "mois" intercalaire appelé nasî`] qui sont blâmés par [le Coran], pas l’usage en soi de l’intercalation. C'est là que le calendrier musulman s'est fourvoyé et que l’observation de plusieurs obligations religieuses (comme le début du jeûne de Ramadan et de la période du pèlerinage) a été pervertie. Avec l’abolition de l’intercalation, les musulmans ont commis une erreur encore plus grave que celle des mécréants. Sachant qu’en absence de l’intercalation une année lunaire pure prend un retard par rapport à l’année tropique de 10 à 11 jours, les mois de l’année hégirien vont pivoter, autour de l’année tropique, d’une manière excessive; de sorte que le réalignement entre les mois et les saisons ne se fait qu’une fois tous les 33 ans. Ainsi, la profanation des mois sacrés est devenue presque la règle après l’abolition; alors qu’elle en était que l’exception avant l’abolition. Ceci est d’autant plus évident lorsqu’on apprend que Dieu nous enjoint à utiliser à la fois la lune et le soleil pour mesurer le temps [...]."