Nous avons vu dans un premier article, les différentes étapes du développement des ouvrages théologiques de médecine dite prophétique ainsi que leur diversité.

Le théologien Ibn al-Qayyim au XIVème siècle, a formellement théorisé le concept de médecine prophétique d’origine divine et l’a considérée supérieure à la médecine de référence gréco-islamique pratiquée par les médecins de son époque.

Son ouvrage est de nos jours la principale référence sur le sujet. Il est en depuis quelques décennies traduit et édité partout dans le monde pour le grand public.

Dans ce deuxième article, nous tenterons de démontrer que cette médecine dite prophétique d’origine divine est une construction théologique tardive.

Pour cela, en première partie, nous exposerons des éléments issus des sources traditionnelles précoces ne faisant état d’aucune médecine prophétique. Puis en deuxième partie, nous montrerons par l’analyse du contenu de l’ouvrage d’Ibn al-Qayyim « L’authentique de la médecine prophétique » qu’il ne s’agit pas d’une médecine authentiquement prophétique.

 

Le Prophète avait-il une quelconque compétence pratique ou théorique en médecine ?

Les sources de la tradition islamique n’évoquent aucune compétence médicale pratique ou théorique du Prophète.

En effet, il est rapporté que le Prophète faisait appel à des médecins pour faire soigner ses compagnons et pour lui-même.

Plusieurs hadiths évoquent ce recours aux médecins pour ses compagnons blessés lors des batailles:

  • Lors de la bataille du Khandaq, le Prophète ordonna aux compagnons d’emmener Sa’d ibn Mu’adh gravement blessé auprés de Rufaydah al-Aslamiya, une soignante réputée à Médine dans le traitement des blessures. Ce compagnon très apprécié du Prophète décédera à la suite de ses blessures. (1)
  • Lorsque Ubayy ibn Ka’b tomba le Prophète lui envoya un médecin qui lui a cautérisé la veine. (2)
  • Un compagnon du Prophète avait reçu une blessure et le sang s’était coagulé à l’intérieur. Il fit appel à deux médecins de la tribu des Banu Ammar qui l’examinèrent et le Prophète leur demanda : « Lequel de vous deux est meilleur médecin ? » (3)

D’autres récits évoquent les recommandations prophétiques pour se soigner auprès de médecins lors de la maladie:

  • Le Prophète aurait conseillé à Sa’d Ibn Abi Waqqas souffrant d’une maladie cardiaque d’aller consulter un médecin nommé al-Harith Ibn Kalada à Thaqif. (4)
  • D’après un hadith rapporté par Amr ibn Dinar le Prophète aurait rendu visite à un malade et dit : « Faites venir un médecin », on lui répondit : « C’est toi qui dit cela, ô envoyé de Dieu ? » il répondit : « Oui, Allah n’a descendu une maladie qu’avec son remède. »

Enfin, des hadiths rapportent les souffrances physiques du prophète à la fin de sa vie que de nombreux médecins tentèrent en vain de soulager :

  • Un récit considéré authentique rapporte que l’on questionna l’épouse du Prophète Aicha sur ces connaissances médicales. Elle aurait expliqué que lorsque le Prophète était souffrant à la fin de sa vie, des délégations de médecins venaient de toutes les régions pour le soigner, ils lui prescrivaient des traitements qu’elle lui administrait et c’est ainsi qu’elle a appris quelques notions médicales. (5)

Dans cet épisode, Aicha ne mentionne avoir eu recours à aucune médecine prophétique.

Un autre hadith concernant le calife Omar, n’évoque aucun recours à une médecine prophétique:

  • Abdallah ibn Omar mentionne que lorsque le calife Omar a été poignardé avec un sabre empoisonné, on fit appel à un médecin pour le soigner en vain. (6)

Nous constatons qu’aucun de ces récits ne mentionne une quelconque médecine prophétique mais l’appel à des médecins pour soigner les blessures ou les maladies. La thèse de l’existence d’une médecine prophétique supérieure à la médecine profane semble ainsi peu probable.

 

Qu’est ce donc la médecine prophétique dans l’ouvrage d’ Ibn al-Qayyim?

L’ouvrage d’Ibn al-Qayyim se divise en trois parties. En introduction, il rappelle la supériorité de la médecine prophétique sur la médecine gréco-islamique car son savoir est issu de la révélation divine et critique cette dernière en se basant sur des arguments théologiques. Une première partie de l’ouvrage expose « les remèdes naturels », une deuxième partie « les remèdes spirituels », et une troisième partie présente une liste de « remèdes et aliments mentionnés par le Prophète classés par ordre alphabétique ».

Chaque chapitre commence en général par la mention d’un hadith qu’Ibn al-Qayyim va expliquer en étayant le bien fondé médical de celui-ci en se basant sur le savoir médical gréco-islamique et notamment la théorie des humeurs.

Les hadiths sont des récits rapportés par plusieurs individus constituant une chaîne de transmission jusqu’au Prophète ou à ses compagnons. Les spécialistes du hadith vont attribuer selon une certaine méthodologie, un degré d’authenticité pour chaque hadith : authentique, bon, faible ou faux.

 

1- Hadiths considérés faibles et faux en rapport avec la médecine

Le premier constat interpellant est qu’un grand nombre de sources mentionnées par Ibn al-Qayyim sont des hadiths considérés faibles et même quelques hadiths considérés faux.

Un hadith est dit « faible » lorsqu’un manquement important existe dans la chaîne de transmission. Le théologien Ibn Taymiyyah, maitre d’Ibn al-Qayyim, a clairement prohibé l’utilisation de hadiths considérés faibles pour estimer une chose obligatoire ou même recommandée. (7)

La majorité des théologiens exigent trois conditions pour utiliser un hadith faible : 1/ La faiblesse ne devrait être que légère (exclure des hadiths rapportés par des menteurs ou des rapporteurs connus pour commettre des erreurs.) 2 / Le hadith faible doit être utilisé pour appuyer des principes déjà bien établis et ne doit pas apporter d'idées nouvelles qui leur sont propres. 3/ Si un hadith faible est utilisé (après avoir rempli les deux conditions ci-dessus), l’on ne doit pas affirmer qu’il a été dit par le prophète car le faire serait lui attribuer des paroles qu'il n'a pas dites.

Par conséquent, sur le plan théologique, la médecine tirée de ces hadiths considérés faibles et faux ne peut être légitimement attribuée au Prophète.

Voici une liste de traitements et de recommandations mentionnés issus de hadiths considérés faibles:Traitement de la pleurésie par le costus marin et l’huile, traitement de la céphalée par le henné, traitement de la conjonctivite avec de l’eau froide, traitement des abcès par l’incision, traitement des malades par la talbinah, traitement de la piqure de scorpion par la roqyah, traitement du rhume par l’origan, traitement de la faiblesse par les œufs, traitement par dattes vertes et dattes mures pour attrister Satan, prohibition de boire à grande gorgée pour ne pas provoquer une inflammation du foie, prohibition de dormir sur le ventre, prévention de l’empoisonnement par la chicorée, bienfait du coing, guérison par le cresson.

Voici une liste de traitements et recommandations mentionnés issus de hadiths considérésfaux:Traitement des hémorroïdes par le poireau, traitement de la pituite par le raisin, traitement de la folie et de la lèpre en sentant le narcisse, éviter les lentilles en cas de mélancolie, la guérison dans le riz.

 

2- Extrapolations à partir de hadiths et versets sans rapport avec la médecine

Autre constat étonnant, l’ouvrage cite un grand nombre de hadiths et quelques versets coraniques n’ayant aucun rapport avec la médecine à partir desquels ibn al-Qayyim extrapole un intérêt médical.

Il s’agit, par exemple, de hadiths évoquant l’alimentation du Prophète avec ses goûts, ses préférences et parfois ses aversions : Le prophète n’aimerait pas : la viande de lézard grillé. Il aimerait : la viande de l’épaule et la partie avant de l’agneau, le vinaigre, l’eau douce froide, la calebasse, le kabath noir, le sel pour améliorer le gout des plats, le beurre et les dattes. Il aurait consommé : la viande de poulet, le fromage, la graisse d’origine animale, la viande grillée, le lait, le melon. Il aurait recommandé de cuire l’ail et l’oignon. Le Prophète aurait permis : de manger le poisson et la sauterelle. Il aurait mangé assis ou accroupi. Il aurait prohibé de manger ou de boire sur le ventre.

Il s’agit aussi de hadiths mentionnant des produits corporels qu’il aurait utilisés ou appréciés : Le Prophète se serait teint les cheveux au henné et au katam, il aimerait le musc et le parfum et l’odeur du rayhan, il aurait utilisé al-darîrah une poudre parfumée pour le corps.

Parfois, il s’agit d’une plante évoquée dans un récit comme le jujubier que le Prophète aurait vu lors de son voyage nocturne, ou la comparaison de l’hypocrite avec le cèdre.

Ibn al-Qayyim déduit de tous ces récits, des conseils médicaux et des propriétés que le Prophète n’a jamais évoqué.

Voici deux exemples détaillés :

1/ Dans le chapitre « Protection contre les maux des aliments, des fruits, leur amélioration et renforcement de leurs bienfaits », ibn al-Qayyim mentionne le hadith considéré authentique suivant : Abd Allah Ibn Ja’far rapporte : « J’ai vu le messager d’Allah manger des dattes fraiches avec du concombre sauvage. » (8)

A partir de ce hadith, il explique sur deux pages les propriétés médicinales des dattes fraiches et du concombre dont voici un extrait :

«  Les dattes fraîches sont chaudes humides du deuxième degré, elles renforcent l’estomac froid et lui conviennent, elles sont aussi aphrodisiaques, mais leur pourrissement est rapide. Elles donnent soif, troublent le sang, donnent la migraine, engendrent des obstructions, des douleurs de la vessie, et elles sont nuisibles aux dents. Le concombre sauvage est froid humide du deuxième degré, il désaltère, ravive les forces en le sentant en raison de son parfum, il éteint la chaleur qui brûle l’estomac ; ces pépins desséchés, broyés, trempés dans l’eau désaltèrent si on boit le mélange qui est diurétique, et cela est efficace dans les douleurs de la vessie. Si on le broie et le tamise afin de s’en frotter les dents, il les blanchit, et si on broie ces feuilles pour en faire un pansement avec de la pulpe de raisin, cela est efficace contre la morsure du chien enragé. En résumé, l’un est chaud et l’autre est froid, l’un convient à l’autre et fait disparaitre l’essentiel des inconvénients de l’autre, chaque nature s’oppose par son contraire, et repousse son irritation par son opposé. C’est là le fondement de tout traitement et de la préservation de la santé, et plus encore toute la science médicale en est tirée. »

2/ Dans le chapitre « L’évacuation par le vomissement » Ibn al-Qayyim mentionne le hadith suivant : « Abu al-Darda rapporte que le Prophète a vomi puis a fait ces ablutions. Une fois, j’ai rencontré Thawban dans la mosquée de Damas, je lui ai raconté ceci, et il me répondit : « C’est vrai, c’est moi qui lui ai versé l’eau de ses ablutions. » (9)

A partir de ce hadith, il étaye sur trois pages les propriétés médicales de l’évacuation par le vomissement dont voici certains extraits :

« Le vomissement nettoie et renforce l’estomac, aiguise la vue, élimine la lourdeur de la tête, il est utile en cas d’inflammation des reins, de la vessie et dans les maladies chroniques telles que la lèpre, l’hydropsie, l’hémiplégie, les tremblements ou encore la jaunisse. L’homme en bonne santé doit le pratiquer deux fois consécutives par mois, sans marquer de temps, afin que le second atteint ce que le premier a laissé, et nettoie les excédents ainsi consumés. En abuser nuit à l’estomac, l’amène à accepter les excédents, et cela nuit aussi aux dents, à la vue et à l’ouïe, voire même cause des céphalées. »

« Les meilleurs temps pour vomir sont l’été et le printemps, alors que l’hiver et l’automne sont exclus. »

« Etant donné que les humeurs dans les pays chauds et lors des temps chauds se fluidifient et sont attirés vers le haut, le vomissement y est plus efficace. Par contre, puisque lors des temps froids et dans les pays froids, les humeurs s’épaississent et leur attraction vers le haut est difficile, leur évacuation par la diarrhée est meilleure. »

Ibn al-Qayyim utilise le même procédé avec des versets coraniques évoquant des fruits comme la figue, le gingembre ou la grenade.

Voici trois exemples détaillés :

1/ Dans la sourate 95 At-Tin (le figuier)  verset 1, Dieu dit : « Par le figuier et l’olivier ! »,

Ibn al-Qayyim interprète:

« Allah a juré par le figuier dans son Livre, en raison de ses nombreux avantages et bienfaits. La figue est chaude, et on trouve deux avis sur son humidité et sa sécheresse. Les meilleures sont les blanches à la peau mûre, elles dissipent les calculs des reins et de la vessie, et protège contre les poisons. Elles sont utile contre les maux de gorge, de poitrine et d’œsophage, elles nettoient le foie et la rate, et purifient de l’humeur pituiteuse de l’estomac. Elles nourrissent bien le corps, cependant elles donnent des poux si on en mange beaucoup. »

« Si on en mange avec de la noix et de la rue avant de prendre un poison mortel, cela sera utile et préservera de tout tort. »

2/ Dans la sourate 76 Al-Insan (l’Homme) verset 17 Dieu dit au sujet des habitants du paradis : « Ils y seront abreuvés d’une coupe dont le mélange sera de gingembre. »,

Ibn al-Qayyim explique :

« Le gingembre est chaud au deuxième degré, humide au premier degré. Il réchauffe, facilite la digestion, relâche le ventre de façon modérée, il est utile en cas d’occlusion du foie par le froid et l’humidité, de même en cas d’obscurité du regard. Il est aphrodisiaque et décompose les gaz lourds présents dans les intestins et l’estomac»

3/ Dans la sourate 55 Ar-Rahman (Le Tout Miséricordieux) verset 68 Dieu dit au sujet du paradis : «  On y trouve des fruits, des palmiers, et des grenadiers. »,

Ibn al-Qayyim explique à ce sujet :

« Les grenades sucrées sont chaudes et humides, bonnes pour l’estomac, elles le renforcent en raison de ce qu’elle contiennent comme constipation légère, et elles sont bonnes pour la gorge, la poitrine et les poumons, de même pour la toux. Leur jus relâche le ventre et nourrit bien le corps. Elles engendrent une chaleur dans l’estomac et une odeur, c’est pourquoi elles sont aphrodisiaques et qu’elles ne conviennent pas à ceux qui souffrent de fièvre. »

Il apparait clairement qu’Ibn al-Qayyim fait des extrapolations à partir de récits n’indiquant aucune médecine pratiquée par le Prophète et ne mentionnant aucune propriété médicale particulière.

 

3 - Le cas spécifique de l’épilepsie

Le cas spécifique du traitement de l’épilepsie est particulièrement représentatif de la méthode employée par Ibn al-Qayyim pour attribuer au Prophète par glissement, une médecine cette fois-ci dite spirituelle qui n’est mentionnée nulle part dans les hadiths.

Il commence le chapitre en citant le hadith considéré authentique suivant (10) :

Ata’ Ibn Abi Rabah rapporte qu’Ibn Abbas lui a dit « Veux-tu que je te montre une femme du paradis ? – Bien sûr. – Cette femme noire est venue trouver le prophète et lui dit : _ Je fais des crises d’épilepsie et je me découvre, alors invoque Allah pour moi.  Il répondit : _ Si tu veux, tu peux patienter et obtenir le paradis, et si tu veux je peux invoquer Allah pour qu’Il te guérisse.  Elle répondit : _ Je patienterai, mais je me découvre, donc invoque Allah pour que je ne me découvre plus. Et il invoqua pour elle. »

Ibn al-Qayyim explique:

«  L’épilepsie est de deux types : l’épilepsie causée par les mauvais esprits terrestres ; et l’épilepsie causée par les mauvaises humeurs.» Il poursuit : « Les médecins ignorants, vils et sots, et ceux qui croient que l’athéisme est une vertu, renient l’épilepsie des âmes. (…) Leur prétention de la domination de certaines humeurs (= maladies) est vraie, mais pas dans tous les cas. (…) Les anciens parmi les médecins appelaient cette épilepsie le mal sacré, et ils ont dit : elle est causée par les esprits. Quant à Galien et d’autres, ils ont interprété cette appellation en disant « Ils l’ont nommé mal sacré car elle siège au niveau de la tête et nuit à la partie sacrée et pure qui se trouve au cerveau. Cette interprétation vient de leur ignorance au sujet de ces esprits, de leurs règles et de leurs influences. (…) Celui qui est doué de raison et connaît ces esprits rit de leur ignorance et faiblesse d’esprit. »

Dans les propos rapportés du Prophète sur lesquels Ibn al-Qayyim se basent, la possession par les esprits n’est pas du tout évoquée, cette explication ne semble donc pas être prophétique.

En guise de traitement spirituel, ibn al-Qayyim présente une méthode religieuse d’exorcisme pratiquée par son maitre ibn Taymiyya allant jusqu’à battre la personne souffrante :

«  Une fois j'ai vu notre cheikh Ibn Taymiyyah déléguer auprès de l'épileptique une personne chargée de dire : « Le cheikh te dit : Sors, car cela ne t’est pas permis ». Et le malade se réveilla aussitôt. Parfois, il s’adressait directement à lui, et parfois l’esprit pouvait être rebelle, dans ce cas il le faisait sortir par des coups et le malade se réveillait sans sentir la moindre douleur. Nous avons, avec d'autres, observé ce phénomène à plusieurs reprises. »

« Il (Ibn Taymiyyah) récitait souvent à l'oreille du malade ce verset : Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous? (Coran 23, 117). Il m'a raconté qu’une fois il a récité ce verset à l’oreille d’un malade et que l'esprit (qui était de sexe féminin) dit alors: - Oui. Il continua à réciter, pris un bâton et frappa les veines de son cou. Alors l’esprit dit : - Je l'aime. Le cheikh répondit : - Il ne te voue aucun amour. L’esprit répliqua: - Je désire faire le pèlerinage avec lui (avec le malade). Le cheikh répondit : - Mais lui ne veut pas le faire avec toi. L’esprit dit alors : - Par respect pour toi, je le laisse. Le cheikh lui dit enfin : - Non, mais plutôt en obéissance à Allah et à Son Prophète". Il dit: - Je le quitte. Le malade s’assis et se tourna à droite et à gauche en disant: - Qu'est ce qui m'a amené en présence du cheikh? Les gens lui rétorquèrent: - Et tous ces coups alors ? Il dit: - Pour quelle raison le cheikh me battrait-il alors que je n'ai commis aucun péché? Ainsi, n'a-t-il point ressenti les coups qu'il a reçus.​ »

Ce traitement religieux d’exorcisme pouvant user des méthodes violentes n’est pas mentionné dans le hadith. A ce sujet, nous n’avons retrouvé aucun récit rapportant que le Prophète considérait l’épilepsie comme une possession par un esprit ou qu’il aurait pratiqué un exorcisme pour le traitement de cette maladie ou pour autre chose.

 

Quelle est la validité des conseils médicaux de cet ouvrage ?

Pour terminer notre analyse sur l’ouvrage d’Ibn al-Qayyim, certaines remarques me semblent importantes à faire au sujet de la validité des explications et conseils médicaux qu’il contient.

Ibn al-Qayyim n’avait aucune légitimité médicale mais théologique. Son concept de médecine prophétique d’origine divine n’a eu aucun impact sur le paradigme médical gréco-islamique et les médecins musulmans ont continué à enseigner et à pratiquer la véritable médecine. Pour saisir l’intérêt de cet ouvrage, peut être faudrait-il plutôt s’intéresser aux motivations d’ordre théologique qui ont poussées Ibn al-Qayyim à faire ce travail.

L’intérêt médical de cet ouvrage est complètement nul aujourd’hui car les explications basées sur la théorie des humeurs sont anachroniques, désuètes et scientifiquement fausses. En effet, cette théorie d’origine grecque selon laquelle la bonne santé réside dans l’équilibre de quatre éléments fondamentaux du corps: air, feu, eau et terre a été totalement discréditée à la fin du XVIIIème siècle par les découvertes scientifiques ignorées par les médecins gréco-islamiques.

Malgré l’invalidité de son contenu, cet ouvrage continue d’être commercialisé au grand public comme une source de conseils prophétiques pour préserver et améliorer sa santé. Il devrait rester à sa place, c'est-à-dire dans les bibliothèques du patrimoine islamique pour les chercheurs ou étudiants intéressés par Ibn al-Qayyim et son époque mais aucunement pour en tirer un quelconque intérêt médical.

 

Conclusion :

L’étude des sources traditionnelles islamiques précoces ne retrouve aucune trace de médecine prophétique mentionnée par les compagnons ou les épouses du Prophète mais au contraire des éléments indiquant que le Prophète avait recours aux médecins. L’analyse du contenu de l’ouvrage d’Ibn al-Qayyim révèle que l’essentiel des sources mentionnées sont soit des hadiths considérés faibles et faux que l’on ne peut attribuer théologiquement au Prophète, soit des extrapolations à partir de hadiths considérés authentiques et de versets coraniques n’ayant objectivement aucun rapport avec la médecine. Tout ceci confirme que ce concept de médecine prophétique d’origine divine est bel et bien une construction théologique appuyant sa légitimité sur quelques hadiths anecdotiques mis en relation par Ibn al-Qayyim avec la médecine grecque.

Il existe bien quelques hadiths considérés authentiques en rapport avec la médecine sans pour autant constituer un paradigme médical cohérent qu’on pourrait désigner par le concept de médecine prophétique. Nous étudierons cela dans un prochain article.

 

Bibliographie :

  1. Hadith n°1129, al-Adab al-Mufradal-Bukhari, jugéauthentique.
  2. Hadith n°3622, Sunan ibn Majah, jugé authentique.
  3. Hadith n°1725, Muwatta Malik.
  4. Hadith n°3875, Sunan Abi Dawud, jugé bon.
  5. Hadith n°24380, Musnad Ahmad, jugéauthentique.
  6. Majma’ al zawa’idd’al-Haythami, hadith jugéauthentique,
  7. Majmu’ al-Fatawaibn Taymiyyah, volume 1 p 251.
  8. L’authentique de la médecine prophétique, ibn al-Qayyim, éditions Tawbah 2009,p 87
  9. L’authentique de la médecine prophétique, ibn al-Qayyim, éditions Tawbah2009, p106
  10. L’authentique de la médecine prophétique, ibn al-Qayyim, éditions Tawbah 2009, p61

 

En pleine actualité sur l’âge pivot de départ à la retraite en France, l’'espérance de vie en bonne santé est au cœur des négociations. Celle-ci s'élève en France à 64,9 ans pour les femmes et 62,7 ans pour les hommes. L'espérance de vie, elle, est de 79,4 ans pour les hommes et 85,3 ans pour les femmes d’après les chiffres d’Eurostat 2017.

L’espérance de vie en bonne santé est un indicateur qui combine le nombre d’années vécues sans maladies et la qualité de vie durant ces années comme le maintien de l’autonomie dans les gestes du quotidien.

En tant que médecin, mon rôle est d’abord de traiter les maladies mais aussi de prévenir leur apparition. La question qui se pose dès lors est de savoir s’il est possible d’améliorer la longévité en bonne santé des êtres humains ou en d’autres termes d’éviter ou de retarder les pathologies liées au vieillissement ?

Le  vieillissement  se réfère aux changements intervenant avec le temps dans les organismes vivants comme dans les objets inanimés. Chez l’homme, c’est un processus complexe et multifactoriel qui entraine un ensemble de modifications altérant de manière progressive le fonctionnement moléculaire, cellulaire, tissulaire, organique et systémique. Tous ces mécanismes ne sont pas encore élucidés. 

 Il est scientifiquement avéré, que le vieillissement s’accompagne d’une augmentation des maladies dégénératives (maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, cataracte, dégénérescence maculaire liée à l’âge), des maladies cardiovasculaires (HTA, artériosclérose), du diabète et des cancers (colon, sein, prostate).

Alors, peut-on améliorer la longévité en bonne santé et ralentir le processus de vieillissement ?

 

Tout d’abord, pourquoi vieillissons-nous ?

Il faut savoir qu’il y a des centaines de théories qui tentent d’expliquer le processus du vieillissement. L’hérédité joue un rôle important pour le déterminisme du vieillissement et de la longévité de même que les facteurs environnementaux.

Schématiquement, Ces théories se divisent en deux groupes :

Les théories stochastiques : le vieillissement serait le résultat d’une série d’erreurs aléatoires dans la machinerie biochimique conduisant à un dysfonctionnement croissant des cellules et à la mort de l’organisme. La plus répandue est la théorie des radicaux libres, selon laquelle l’oxygène et les molécules oxydantes peuvent causer des dommages cellulaires qui s’accumulant avec le temps entrainent le processus du vieillissement.

Les théories déterministes : le vieillissement est programmé dans le matériel génétique. La théorie la plus en vue est celle du « soma jetable » ou « à usage unique ». Elle soutient l’hypothèse que les ressources du vivant sont prioritairement investies dans la reproduction, au détriment de la réparation des dommages que peuvent subir les cellules au cours du temps. Nous ne sommes donc que des porteurs de matériel génétique (spermatozoïdes, ovules) disponibles pour la reproduction et donc pour la préservation de l’espèce. Du point de vue de l’évolution, il est donc peu probable que la longévité humaine augmente car il n y a aucune raison d’investir plus dans nos systèmes de réparation et de protection. En effet, le vieillissement et la mort à 80 ans garantissent déjà que l’espèce humaine soit préservée.

Il existe une autre théorie déterministe soutenue entre autre par le Pr Longo : le vieillissement est programmé génétiquement mais il est possible d’améliorer les systèmes de protection et de réparation cellulaire afin de ralentir ou de retarder le processus de vieillissement[1].

 

Age biologique versus âge chronologique

 Il faut savoir distinguer deux types d'âge : l'âge chronologique, qui correspond au nombre d'années de vie, et l'âge biologique, influencé par nos gènes mais aussi par des facteurs environnementaux et comportementaux.

L'âge biologique est la mesure la plus fiable de l'âge réel car il est plus étroitement corrélé à la mortalité et à l'état de santé.

Une étude publiée en 2015 a analysé plusieurs marqueurs du vieillissement d’une population néo-zélandaise de plus de 1000 patients, dont les données ont été recueillies pendant 12 ans (entre 26 et 38 ans). 18 bio-marqueurs de la fonction des organes et de la santé globale (cœur, poumons, foie, reins, dentition, système immunitaire, système hormonal) établis comme facteurs de risque et/ou marqueurs de certaines pathologies liées au vieillissement ont été explorés.

Les résultats sont consternants : pour un âge chronologique de 38 ans et il a été constaté que certaines semblaient avoir biologiquement 30 ans et d’autres 60 ans[2].

De nombreuses équipes de recherche travaillent depuis de dizaines d’années sur l’identification de marqueurs fiables de l'âge biologique et du vieillissement précoce ou accéléré.

Dans une étude publiée très récemment en février 2020, les chercheurs mettent en avant l’importance d’une exploration conjointe des dommages et des mécanismes compensatoires de réparations pour étudier le vieillissement[3].

Les bio-marqueurs du vieillissement actuellement disponibles sont: l’instabilité génomique, le raccourcissement des télomères, la sénescence cellulaire, l’épi-génétique, les fonctions mitochondriales, le renouvellement protéique, l’épuisement des cellules souches, et l’altération de la communication intercellulaire. Aucun de ces marqueurs ne représente une mesure exhaustive du vieillissement biologique.

D’autres études sont nécessaires pour développer une méthode biologique fiable et applicable en pratique clinique courante. Cela permettrait tout d’abord d’identifier précocement un vieillissement pathologique et ainsi mettre en place des mesures de prévention. Cela nous permettrait aussi de mesurer l’effet des thérapeutiques visant à retarder le vieillissement.

La médecine anti-age :

Dès son apparition, la médecine dite « anti-âge » est très controversée. Elle est définie comme l’ensemble des interventions « qui visent à ralentir, arrêter, ou renverser les phénomènes associés au vieillissement et à allonger la durée de vie humaine maximale »[4].

Cette branche de la médecine a provoqué nombreuses réactions et débats houleux dans les milieux scientifiques car certaines pratiques ne respectent pas le dogme d’une médecine basée sur les preuves. De plus,  elle est la source d’un incroyable business anti-âge en paradoxe total avec l’éthique médicale.

Néanmoins, le progrès médical pourrait permettre, par des mesures préventives ou des traitements ciblés sur les déficiences, d’éviter certaines maladies liées au vieillissement  et améliorer la qualité de vie des individus.

En effet, l’avancée des connaissances et des technologies, ont permis une meilleure compréhension des mécanismes du vieillissement et les maladies liées à l’âge. De nombreuses équipes ont publié des résultats très promettant en recherche fondamentale et animale. Des études épidémiologiques humaines nous apportent aussi des orientations pertinentes. Enfin, plusieurs essais cliniques humains sont en cours. 

Dans cet article, je vais vous exposer les mesures préventives ayant démontrées à ce jour un effet sur le vieillissement et les maladies liés à l’âge.

Bien que les facteurs génétiques (hérédité) impactent de manière significative notre longévité, de nombreux facteurs environnementaux semblent influencer la longévité humaine.

  • La restriction calorique et le jeûne

 

La restriction calorique sans malnutrition consiste à diminuer ces apports caloriques journaliers soit par la diminution de la quantité de l’alimentation soit par le jeûne intermittent.

Cette pratique a été inspirée par l’étude de l’alimentation d’une région où la prévalence des centenaires est élevée l’Ile d’OKINOWA au Japon.  

Le premier essai clinique randomisé contrôlé destiné à mesurer les effets de la restriction calorique chez des personnes non obèses  « CALERIE » a été publié en 2018. Les chercheurs ont pu observer que, non seulement la restriction calorique a amélioré de 10 % l’efficacité du métabolisme des participants, mais a également permis de réduire sensiblement des dommages cellulaires liés au stress oxydatif[5].

Peu d’études cliniques humaines de longue durée explorent l’effet du jeûne sur la longévité. Une diminution des marqueurs de l’inflammation et du stress oxydatif sont retrouvés dans les études disponibles [6] [7] .  

Cette réduction du stress oxydatif et des processus inflammatoires retarderaient le vieillissement cellulaire et entraîneraient une diminution des risques de pathologies, telles que le cancer, les maladies cardio-vasculaires, le diabète et probablement certaines maladies neuro-dégénératives.

Une très récente revue de la littérature confirme l’existence d’arguments robustes en faveur de la restriction calorique grâce à des mécanismes de réparation et de régénération cellulaire (autophagie) pas encore complètement élucidés[8].

Sur le plan cérébral, de nombreuses études ont montré une perte de capacité des cellules neuronales à métaboliser efficacement le glucose avec l’âge. Cela provoquerait une famine lente des neurones et une déstabilisation des réseaux cérébraux à l’origine probablement de certaines démences. Une très récente étude, publiée ce mois ci, a montré qu’une source de carburant sous forme de cétones en pratiquant un jeûne intermittent de 12H la nuit ou un régime faible en glucides et enrichi en lipides permettait d’améliorer la stabilité des réseaux cérébraux chez les personnes âgées mais aussi chez les plus jeunes et peut être prévenir les démences liées à l’âge [9].

  • Le régime méditerranéen

Le rôle protecteur du régime méditerranéen a été découvert par l’étude de l’alimentation des crétois qui ont une haute prévalence de centenaires en bonne santé. Ce régime ce caractérise par une haute consommation d’huile d’olive, de fruits, de légumes, de légumineuses, de céréales complètes et de fruits à coques (noix, amandes); une consommation modérée de poissons et fruits de mers ; une faible consommation de produits laitiers, viande rouge, aliments ultra-transformés et sucres.

Plusieurs études ont mis en évidence ses bénéfices pour la santé cardiovasculaire[10] [11].

Au niveau de l’effet du régime méditerranéen sur la longévité, une étude de cohorte publiée en 2014 ayant suivie plus de 120.000 femmes a montré que l’adhérence plus forte au régime méditerranéen était associé à des télomères plus longs. Or les télomères, situés aux extrémités des chromosomes, sont des marqueurs cellulaires du vieillissement[12].

Les polyphénols

Le régime méditerranéen comporte des aliments riches en polyphénols contenus dans les végétaux et l’huile d’olive.

L’effet d’une alimentation riche en polyphénols a été explorée dans une étude publiée en 2013, chez  807 hommes et femmes de plus de 65 ans suivis pendant 12 ans. Un apport alimentaire élevé en polyphénols était associé à une réduction de 30% du taux de mortalité, toutes causes confondues, chez les personnes âgées[13]

D’autres exemples d’aliments riches en polyphénols comme le thé vert et le café sont ont montré des réductions sur les maladies et la mortalité [14] [15] .

La restriction protéique d’origine animale

Le régime méditerranéen comporte un apport protéique total modéré essentiellement d’origine végétal. Cet aspect protecteur d’une alimentation faible en protéine d’origine animale se confirme dans les études cliniques.

Une étude de l’université de Harvard sur 130 000 médecins et infirmières montre qu’un régime faible en glucides, riches en graisses animales et en protéines est associé à une plus forte mortalité soit totale, soit par cancer ou pathologies cardiovasculaires[16].

Une autre étude sur 40 000 hommes confirme qu’un régime alimentaire pauvre en glucides et très riches en protéines animales double l’incidence de diabète de type 2[17].

De nombreuses études épidémiologiques associent des taux sanguins élevés en IGF-1 (reflet de la consommation élevées en protéines essentiellement animales) à une incidence 2 fois supérieures voire davantage de cancers du sein, de la prostate et autres[18].

Toutes ces études montrent que l’adoption de quelques règles alimentaires simples complétées éventuellement par une supplémentation avec certaines vitamines et oligoéléments, pourrait avoir des effets bénéfiques importants sur l’espérance de vie en bonne santé.

 

Activité physique

De nombreuses études épidémiologiques ont montré que les individus ayant une activité physique régulière ont un meilleur état de santé et une espérance de vie plus grande que les individus sédentaires[19]. La sédentarité et le nombre d’heures passées assis sont associés à un risque accru de mortalité par maladies cardio-vasculaires, cancer et diabète de type 2 [20].

Une activité physique régulière d’endurance de type marche, vélo ou natation est associée à une diminution du diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires[21].

Une activité physique de résistance (musculation, gymnastique) permet le maintien d’une masse musculaire satisfaisante et la prévention de l’ostéoporose (responsable de fractures osseuses) chez le sujet âgé [22].

L'exercice régulier est aussi associé à une diminution de l’atrophie cérébrale chez les personnes âgées et pourrait réduire le risque de déclin cognitif et de démence [23].

 

La spiritualité et la religion

La majorité des recherches qui ont étudié les croyances et la pratique religieuse en lien avec la santé physique ont révélé que les personnes religieuses ou spirituelles sont en meilleure santé physique, qu’elles ont une conduite et un style de vie plus sains. De plus, la plupart des études ayant examiné la relation entre la pratique religieuse, la spiritualité et divers aspects de la santé mentale, ont révélé que les personnes qui ont une forme de pratique religieuse présentent une meilleure santé mentale et gèrent mieux le stress [24] [25].

 

Relations sociales et psychologie

De nombreuses études épidémiologiques suggèrent que la qualité des relations sociales est un déterminant clé de la santé et de la longévité[26].

Les personnes socialement isolées, stressées et dépressives sont en moins bonne santé psychologiques et physiques. Certains aspects négatifs associés à l’isolement social sont dus au stress psychologique qui est un facteur de risque clairement établi d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Alors  que les personnes socialement connectées, sereines, optimistes et heureuses semblent avoir une meilleure santé [27] [28].

Une méta-analyse de 24 études semblent montrer que les personnes se disant  heureuses vivent plus longtemps que celles qui s’estiment malheureuses[29].

D’après une étude de 2016 sur le statut marital de 3.000 centenaires belges il semble que les femmes vivant seule plus longtemps ont des chances plus importantes d’atteindre 100 ans alors que pour les hommes vivre avec leur épouse le plus longtemps possible est le plus bénéfique [30].  

Pour conclure, je dirais que de tout temps le mythe de la jeunesse éternelle a fasciné les humains. Les scientifiques se passionnent pour le sujet de la longévité et le grand défi actuel est de prévenir et traiter les maladies liées au vieillissement ainsi que de retarder ce processus.

En 2013, Google a lancé un vaste programme trans-humaniste de recherche sur le vieillissement, Calico se donnant comme mission de défier la mort. La firme a recruté beaucoup de chercheurs de très haut niveau et mis à sa direction des scientifiques ouvertement transhumanistes. Elle a investi 1,5 milliards de dollars dans ce projet. Peu d’informations filtrent sur l’avancée des recherches avec une véritable culture du secret qui exaspère une partie de la communauté scientifique. Les questions liées au trans-humanisme sont d’actualité : l’humanité a-t-elle vraiment intérêt à voir apparaître des super-hommes ? Au-delà du défi scientifique, cela mérite une vraie réflexion, éthique et philosophique.

 

[1] Valter D. Longo, Joshua Mitteldorf, et Vladimir P. Skulachev, « Programmed and Altruistic Ageing », Nature Reviews Genetics 6, no 11 (novembre 2005): 866‑72, https://doi.org/10.1038/nrg1706.

[2] Daniel W. Belsky et al., « Quantification of Biological Aging in Young Adults », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America 112, no 30 (28 juillet 2015): E4104-4110, https://doi.org/10.1073/pnas.1506264112.

[3] Luigi Ferrucci et al., « Measuring Biological Aging in Humans: A Quest », Aging Cell 19, no 2 (février 2020): e13080, https://doi.org/10.1111/acel.13080.

[4] Robert H. Binstock, « Anti-Aging Medicine and Research: A Realm of Conflict and Profound Societal Implications », The Journals of Gerontology. Series A, Biological Sciences and Medical Sciences 59, no 6 (juin 2004): B523-533, https://doi.org/10.1093/gerona/59.6.b523.

[5] William E. Kraus et al., « 2 Years of Calorie Restriction and Cardiometabolic Risk (CALERIE): Exploratory Outcomes of a Multicentre, Phase 2, Randomised Controlled Trial », The Lancet Diabetes & Endocrinology 7, no 9 (1 septembre 2019): 673‑83, https://doi.org/10.1016/S2213-8587(19)30151-2.

[6] James B. Johnson et al., « Alternate Day Calorie Restriction Improves Clinical Findings and Reduces Markers of Oxidative Stress and Inflammation in Overweight Adults with Moderate Asthma », Free radical biology & medicine 42, no 5 (1 mars 2007): 665‑74, https://doi.org/10.1016/j.freeradbiomed.2006.12.005.

[7] Michelle N. Harvie et al., « The effects of intermittent or continuous energy restriction on weight loss and metabolic disease risk markers: a randomised trial in young overweight women », International journal of obesity (2005) 35, no 5 (mai 2011): 714‑27, https://doi.org/10.1038/ijo.2010.171.

[8] James L. Dorling, Corby K. Martin, et Leanne M. Redman, « Calorie Restriction for Enhanced Longevity: The Role of Novel Dietary Strategies in the Present Obesogenic Environment », Ageing Research Reviews, 25 février 2020, 101038, https://doi.org/10.1016/j.arr.2020.101038.

[9] « Diet modulates brain network stability, a biomarker for brain aging, in young adults | PNAS », consulté le 7 mars 2020, https://www.pnas.org/content/early/2020/03/02/1913042117.

[10] Ramón Estruch et al., « Primary Prevention of Cardiovascular Disease with a Mediterranean Diet Supplemented with Extra-Virgin Olive Oil or Nuts », New England Journal of Medicine 378, no 25 (21 juin 2018): e34, https://doi.org/10.1056/NEJMoa1800389.

[11] M. de Lorgeril et al., « Mediterranean Diet, Traditional Risk Factors, and the Rate of Cardiovascular Complications after Myocardial Infarction: Final Report of the Lyon Diet Heart Study », Circulation 99, no 6 (16 février 1999): 779‑85, https://doi.org/10.1161/01.cir.99.6.779.

[12] Marta Crous-Bou et al., « Mediterranean Diet and Telomere Length in Nurses’ Health Study: Population Based Cohort Study », BMJ 349 (2 décembre 2014), https://doi.org/10.1136/bmj.g6674.

[13] Raul Zamora-Ros et al., « High Concentrations of a Urinary Biomarker of Polyphenol Intake Are Associated with Decreased Mortality in Older Adults », The Journal of Nutrition 143, no 9 (septembre 2013): 1445‑50, https://doi.org/10.3945/jn.113.177121.

[14] Sarah Krull Abe et al., « Green Tea Consumption and Mortality in Japanese Men and Women: A Pooled Analysis of Eight Population-Based Cohort Studies in Japan », European Journal of Epidemiology 34, no 10 (octobre 2019): 917‑26, https://doi.org/10.1007/s10654-019-00545-y.

[15] Marc J. Gunter et al., « Coffee Drinking and Mortality in 10 European Countries: A Multinational Cohort Study », Annals of Internal Medicine 167, no 4 (15 août 2017): 236‑47, https://doi.org/10.7326/M16-2945.

[16] Teresa T. Fung et al., « Low-Carbohydrate Diets and All-Cause and Cause-Specific Mortality: Two Cohort Studies », Annals of Internal Medicine 153, no 5 (7 septembre 2010): 289‑98, https://doi.org/10.7326/0003-4819-153-5-201009070-00003.

[17] Lawrence de Koning et al., « Low-Carbohydrate Diet Scores and Risk of Type 2 Diabetes in Men », The American Journal of Clinical Nutrition 93, no 4 (avril 2011): 844‑50, https://doi.org/10.3945/ajcn.110.004333.

[18] Michael Pollak, « Insulin and Insulin-like Growth Factor Signalling in Neoplasia », Nature Reviews. Cancer 8, no 12 (décembre 2008): 915‑28, https://doi.org/10.1038/nrc2536.

[19] R. R. Pate et al., « Physical Activity and Public Health. A Recommendation from the Centers for Disease Control and Prevention and the American College of Sports Medicine », JAMA 273, no 5 (1 février 1995): 402‑7, https://doi.org/10.1001/jama.273.5.402.

[20] Aviroop Biswas et al., « Sedentary Time and Its Association with Risk for Disease Incidence, Mortality, and Hospitalization in Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis », Annals of Internal Medicine 162, no 2 (20 janvier 2015): 123‑32, https://doi.org/10.7326/M14-1651.

[21] John A. Hawley et John O. Holloszy, « Exercise: It’s the Real Thing! », Nutrition Reviews 67, no 3 (mars 2009): 172‑78, https://doi.org/10.1111/j.1753-4887.2009.00185.x.

[22] Mark A. Williams et al., « Resistance Exercise in Individuals with and without Cardiovascular Disease: 2007 Update: A Scientific Statement from the American Heart Association Council on Clinical Cardiology and Council on Nutrition, Physical Activity, and Metabolism », Circulation 116, no 5 (31 juillet 2007): 572‑84, https://doi.org/10.1161/CIRCULATIONAHA.107.185214.

[23] Teresa Liu-Ambrose, Cindy K. Barha, et John R. Best, « Physical activity for brain health in older adults », Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism 43, no 11 (11 octobre 2018): 1105‑12, https://doi.org/10.1139/apnm-2018-0260.

[24] Harold G. Koenig, « Religion, Spirituality, and Medicine: Application to Clinical Practice », JAMA 284, no 13 (4 octobre 2000): 1708‑1708, https://doi.org/10.1001/jama.284.13.1708-JMS1004-5-1.

[25] Shri K. Mishra et al., « Spirituality and Religiosity and Its Role in Health and Diseases », Journal of Religion and Health 56, no 4 (août 2017): 1282‑1301, https://doi.org/10.1007/s10943-015-0100-z.

[26] Naomi I. Eisenberger et Steve W. Cole, « Social Neuroscience and Health: Neurophysiological Mechanisms Linking Social Ties with Physical Health », Nature Neuroscience 15, no 5 (15 avril 2012): 669‑74, https://doi.org/10.1038/nn.3086.

[27] A. Rozanski, J. A. Blumenthal, et J. Kaplan, « Impact of Psychological Factors on the Pathogenesis of Cardiovascular Disease and Implications for Therapy », Circulation 99, no 16 (27 avril 1999): 2192‑2217, https://doi.org/10.1161/01.cir.99.16.2192.

[28] S. Cohen et al., « Social Ties and Susceptibility to the Common Cold », JAMA 277, no 24 (25 juin 1997): 1940‑44.

[29] Bruno S. Frey, « Happy People Live Longer », Science 331, no 6017 (4 février 2011): 542‑43, https://doi.org/10.1126/science.1201060.

[30] Michel Poulain et Anne Herm, « Centenarians’ Marital History and Living Arrangements: Pathways to Extreme Longevity », The Journals of Gerontology: Series B 71, no 4 (1 juillet 2016): 724‑33, https://doi.org/10.1093/geronb/gbv082.

La période des fêtes de fin d’année est celle de tous les excès alimentaires : repas gargantuesques, profusion d’aliments gras et ultra sucrés, abus de boissons alcoolisées… Loin de moi l’idée de faire ma rabat-joie, il est possible de se faire raisonnablement plaisir tout en réfléchissant à l’impact de notre mode de vie sur notre état de santé.

Je vous propose un article faisant un état des lieux de l’alarmante épidémie de l’obésité et du diabète dans le monde.

Chers membres,

Je vous sollicite au cours de cette pause déjeuner pour examiner attentivement le contenu de vos assiettes car il impactera votre manière de penser et de débattre sur le groupe.

En effet, notre cerveau c'est-à-dire notre intelligence, notre comportement, notre humeur, nos compétences cognitives et notre santé mentale dépendent étroitement de notre alimentation.

Alors que la psychose gagne la Chine et que l’OMS appelle « le monde entier à agir » face à la menace du nouveau coronavirus, je vous propose d’analyser rationnellement les données disponibles à ce jour afin de déterminer s’il y a un réel danger.